S’enrichir en donnant

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Il y a un certain temps, je faisais la file au supermarché. La femme juste devant moi commençait à sortir toute sa collection de bons de réduction, presqu’un par produit. Je me demandais si cela la rendait vraiment plus heureuse. Juste en pensant au temps nécessaire pour rassembler tous ces bons et au temps dépensé à la caisse, pas l’endroit le plus agréable, c’était difficile de me le représenter.

Le mot “gratuit” résonne comme un mot magique. Avez-vous déjà remarqué à quel point on s’empiffre de nourriture dans des restaurants « à volonté » ? Ou comment on remplit son assiette plus qu’on ne sait manger, au buffet de l’hôtel ? Pourquoi cette tendance à accumuler, en nous-même ou dans notre maison ?

Nous sommes focalisé sur le ‘moi’, ‘mon avantage’ et ‘avoir plus’. Dans la pleine conscience on l’appelle le syndrome du moi-mon-mien.

Comment cela se présente ? Imaginez que la belle montre de votre voisin tombe et se casse. Vous n’en dormirez pas moins. Imaginez maintenant que c’est votre nouvelle montre qui tombe et se casse. Est-ce que votre sentiment change ? C’est parce qu’il s’agit du moi-mon-mien. Plus nous sommes focalisé là-dessus, plus il y a de tensions. Cela ne nous rend pas vraiment heureux.

Au jour d’aujourd’hui, il y a moyen de télécharger énormément de musique de l’internet. Quelqu’un me posait la question : pourquoi payer alors ? De son propre point de vue, il a raison. Mais si on adopte le point de vue des musiciens, si on considère le temps et l’investissement qu’ils ont dépensé pour fournir de la qualité, c’est fort décevant qu’on leur vole leur travail si facilement. Payer pour la musique est une façon d’exprimer de l’appréciation pour le travail qu’ils ont réalisé et dont nous profitons aujourd’hui.

Les recherches scientifiques ont montré que ce qui rend l’être humain heureux, c’est de donner. Parfois simplement la pensée d’acheter quelque chose pour quelqu’un peut provoquer un sentiment de bonheur. C’est la richesse intérieure. Une petite voix craintive pourrait surgir et inventer des histoires qui justifient qu’on ne donne rien, ou qu’on prenne sans donner… Notre peur est toujours prête à prendre le relais. La peur voit la vie comme une lutte et fonctionne à court terme, en termes de survie : ici et maintenant. La peur éloigne le bonheur et empêche de donner. Elle nous rend esclave : « il faut faire des bénéfices pour combler le manque potentiel ».

Payer le prix, plutôt que toujours vouloir obtenir un prix plus bas ! De cette façon on peut créer une mentalité d’abondance dans notre propre expérience. Essayez de ne pas vous focaliser sur votre profit à vous, voyez-le comme un échange. Peut-être voulez-vous payer le prix plein et remarquer ce que vous ressentez, plutôt que ce que vous pensez. Et oui, c’est un acte ancré dans un sentiment d’abondance, tant en donnant qu’en recevant. Cela mène à la joie intérieure. Cela fait aussi que votre portefeuille n’est pas rempli de cartes de fidélité. Chaque magasin veut nous donner une carte pour faire le plus de bénéfices dans l’avenir. Diminuer la charge en jetant toutes ces cartes à la poubelle, cela peut être significatif.

Un dernier bon conseil pour clôturer: peut-être l’argent dépensé en payant le prix plein, sera mieux utilisé par l’autre que par vous-même… On ne sait jamais avec certitude, bien sûr, mais lâchez prise, laissez aller. Ce qui est passé, est passé. Regardez en avant et réjouissez-vous de ce qui viendra…